Forêts profondes et crêtes superposées

Une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Jour 5.

Wang Meng 王蒙 (1308-1385, dynastie Yuan), Forêts profondes et crêtes superposées

Cette œuvre a la même structure que la précédente, réalisée trois cents ans plus tôt : un lettré et son valet portant son guqi (sa cithare) franchissent un pont en bas à gauche, puis un bouquet d’arbres, une maison à droite, une cascade (ou ici une rivière) à la verticale des deux personnages, et enfin un unique pic montagneux cerné par la brume, les nuages. On retrouvera cette structure à d’autres époques encore puisqu’en Chine il est de tradition de copier les grands maîtres - que ce soit pour apprendre, enseigner, ou rendre hommage. Il en résultera un certain immobilisme contre lequel d’aucuns s’élèveront, mais on verra ça plus tard…

À première vue, toutes ces peintures de paysage se ressemblent. Comme toutes les Vierges à l’Enfant paraissent se ressembler. À première vue seulement. Il s’agit juste de s’affûter l’œil, de se perdre dans les détails. Ici, l’ensemble est composé de courbes plus ou moins denses, de filets d’encre plus ou moins concentrée. Dans la peinture précédente, Nuages visitant une retraite en montagne, point de courbes, l’ensemble est composé de petits traits horizontaux (en hommage à un peintre du XIe siècle nommé Mi Fu). Allez-y voir.

Et puis surtout, Forêts profondes et crêtes superposées dégage une sérénité incomparable propre à réconcilier le ou la plus aigri(e) avec le monde.

Wang Meng-Forêts profondes et crêtes superposées

Et c’est ainsi que Lao-Tseu est grand.

 

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