Allez, un petit défi : je m’en vais publier ici une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Assortie ou non de commentaires, on verra bien. Commençons par Un vert intense recouvre les montagnes au printemps, de Dai Jin 戴进 (1388-1462, dynastie Ming). La scène, classique, représente un lettré suivi par son domestique portant son guqi (prononcer goutchi, comme la marque de sacs), qui est une espèce de cithare. Le lettré va probablement rendre visite à un ami qui habite dans l’une des maisons noyées dans la brume de l’arrière-plan. C’est la première peinture que j’ai maladroitement osé copier. J’aimais bien – et j’aime toujours – son apparente simplicité : il suffit de tenter de la...
juillet 2026
mercredi 1 juillet 2026
Un vert intense recouvre les montagnes au printemps
mercredi 1 juillet 2026, 06:47 / aucun commentaire
jeudi 2 juillet 2026
Parfum de printemps, fraîcheur après la pluie
jeudi 2 juillet 2026, 08:35 / 4 commentaires
Une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Jour 2. Ma Lin 马麟 (1180–1256, dynastie des Song du Sud), Parfum de printemps, fraîcheur après la pluie Ma Lin est le fils de Ma Yuan, dont on parlera probablement ultérieurement. Cette peinture est une espèce de sommet d’élégance, de raffinement ultime. C’est le matin, la brume enveloppe le paysage dont on distingue les plans successifs. Tout est calme, paisible comme l’esprit du peintre. Ici - et c’est exceptionnel pour la période - l’artiste exprime ses sentiments. Si l’on voulait faire des liens, on pourrait rapprocher l’esprit de cette peinture de certains paysages romantiques allemands du XIXe siècle tels ceux de Caspar David...
vendredi 3 juillet 2026
Le pic de la Capitale céleste
vendredi 3 juillet 2026, 11:56 / aucun commentaire
Une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Jour 3. Mei Qing 梅清 (1623–1697, dynastie Qing), Le pic de la Capitale céleste Cette peinture fait partie d’un quadriptyque consacré aux monts Huang. Ces pics escarpés, qu’on appelle en français « montagnes jaunes » (en chinois Huangshan 黄山), sont situés dans la province de l’Anhui, à l’est de la Chine et à hauteur de Shanghai. Les monts Huang sont un thème classique de la peinture chinoise. Il existait même, au XVIIe siècle, une École de Huangshan à laquelle appartenaient, entre autres, Mei Qing et Shitao. Les deux étaient amis, ils s’influencèrent l’un l’autre. Dans ce Pic de la Capitale céleste, les petits points représentant des...
samedi 4 juillet 2026
Nuages visitant une retraite en montagne
samedi 4 juillet 2026, 06:13 / 4 commentaires
Une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Jour 4. Tao Hong 陶泓 (actif entre 1610 et 1640, dynastie Qing), Il existe, en chinois, plusieurs mots pour désigner un paysage. Celui qui nous intéresse ici est le mot shanshui 山水 qui est constitué de shan, montagne (山), et de shui, eau (水). Ajoutons entre ces deux éléments de la brume ou des nuages, une présence humaine sous la forme de minuscules personnages ou de constructions, et nous avons tous les constituants du paysage peint à la mode chinoise, shanshui hua 山水画. Peint en 1633, Nuages visitant une retraite en montagne respecte toutes ces contraintes. Une question reste toutefois posée : où se trouve exactement la retraite visitée...
dimanche 5 juillet 2026
Forêts profondes et crêtes superposées
dimanche 5 juillet 2026, 05:27 / aucun commentaire
Une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Jour 5. Wang Meng 王蒙 (1308-1385, dynastie Yuan), Forêts profondes et crêtes superposées Cette œuvre a la même structure que la précédente, réalisée trois cents ans plus tôt : un lettré et son valet portant son guqi (sa cithare) franchissent un pont en bas à gauche, puis un bouquet d’arbres, une maison à droite, une cascade (ou ici une rivière) à la verticale des deux personnages, et enfin un unique pic montagneux cerné par la brume, les nuages. On retrouvera cette structure à d’autres époques encore puisqu’en Chine il est de tradition de copier les grands maîtres - que ce soit pour apprendre, enseigner, ou rendre hommage. Il en résultera...
Vieux arbres près d’une cascade froide
dimanche 5 juillet 2026, 19:12 / un commentaire
Une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Jour 6. Wen Zhengming (1470-1559, dynastie Ming), Vieux arbres près d’une cascade froide Cette peinture de Wen Zhengming date de 1549, il avait alors soixante-dix-neuf ans. Trois arbres, un vieux cyprès qui se tord et deux pins verticaux. Derrière, en écho aux pins élancés, une chute d’eau vertigineuse, une cascade. En bas, en écho au bouillonnement de l’eau qui finit sa chute, les circonvolutions du cyprès. Arbres et cascade sont ainsi intimement liés. Et contrairement à la tradition, aucune trace de brume ou de nuage, aucune présence ou construction humaine dans ce rouleau de 1,94 m de haut sur 0,59 m de large. Les peintures de Wen...
mardi 7 juillet 2026
Les pics Oksunbong
mardi 7 juillet 2026, 07:20 / aucun commentaire
Une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Jour 7. Kim Hong-Do 김홍도, alias Danwon 단원 (1745-1806 ?), artiste coréen. Voici une double page extraite de l’Album de l’année Byeongjin (1796), qui en contient vingt. Mais Kim Hong-Do a réalisé au moins deux autres albums, au total plus d’une soixantaine de pages toutes aussi belles les unes que les autres, dont on reparlera demain. Celle-ci s’intitule Les pics Oksunbong. J’aime particulièrement les paysages classiques coréens, qui respirent une joie de vivre assez rare dans la peinture chinoise. Et c’est ainsi que Lao-Tseu est grand....
Une peinture de l'esprit
mardi 7 juillet 2026, 15:48 / aucun commentaire
Une peinture par jour pendant tout le mois de juillet. Jour 8. Kim Hong-do 김홍도, alias Danwon 단원 (1745-1806 ?), artiste coréen. Page extraite de l’Album de l’année Byeongjin (1796), qui en contient vingt. Comme hier, il s’agit d’une vue des Pics Oksunbong. On a du mal à croire qu’il s’agit du même lieu, tant son aspect est différent : Voici maintenant deux autres vues du même endroit réalisées en 1844 par un autre peintre, Yin Jae-hong : Ici la masse rocheuse est réduite à deux ou trois colonnes de pierre, beaucoup plus petites que dans les œuvres de Kim Hong-do. Comparons avec cette photo du véritable site, où lesdites colonnes décrites par Yin Jae-hong apparaissent à gauche de l’image :...
